Guerre discriminatoire et logique des grands espaces

Comprend :
Le tournant vers le concept discriminatoire de la guerre
Le droit des peuples réglé selon le grand espace proscrivant l'intervention de puissances extérieures
Carl Schmitt
préface Danilo Zolo
notes et commentaires de Günter Maschke
traduit de l'allemand par François Poncet
Krisis , Paris
Parution :  mars 2011
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Résumé

Critique de la Société des nations et de l'idéologie universaliste, le premier texte soutient que cet ordre international justifie la guerre comme une affaire d'Etats, étant entendu que la juste cause n'est toujours que d'un côté. Le second texte propose d'exclure certains territoires de l'intervention étrangère. L'avenir serait aux grands espaces et aux empires qui les protègent.

Quatrième de couverture

Cet ouvrage réunit deux textes fondamentaux publiés par Carl Schmitt à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, et qui se complètent mutuellement. Le premier est une vigoureuse critique de la Société des Nations (SdN) et de l'ordre juridique international qu'elle a tenté de mettre en place, ordre lié à la notion de «guerre juste», c'est-à-dire de guerre discriminatoire, où l'ennemi est moralement discrédité et représenté comme un criminel en guerre contre l'«humanité», qui ne doit pas seulement être battu, mais définitivement éradiqué. Schmitt montre que l'idéologie universaliste exclut la possibilité de considérer l'ennemi comme un justus hostis, un adversaire qui peut avoir ses raisons ; elle remplace cette notion symétrique par la notion unilatérale de juste cause (justa causa) dont ne peut être titulaire que l'un des belligérants en présence. Toute conception universaliste du droit des gens apparaît de ce point de vue comme la légitimation d'une guerre qui, sous prétexte d'être «juste», n'est que la plus totale de toutes. L'idée-clé est que la guerre en tant qu'institution juridique ne peut être qu'une affaire d'Etats.

Schmitt n'en constatait pas moins que la dissolution de l'ordre international fondé sur des bases purement étatiques est un processus irréversible. La question se posait donc de savoir quelle alternative il entendait proposer. Le second texte fournit sa réponse : la mise en place de «grands espaces» excluant l'intervention de puissances étrangères, à l'instar de la «doctrine Monroe» adoptée en 1823 par les Etats-Unis.

L'actualité de cette analyse est évidente, au moment où l'on enregistre un retour de la «guerre juste» et où la mondialisation appelle la constitution de «grands espaces» qui pourraient être autant de pôles de régulation de la globalisation dans la perspective d'un monde multipolaire. A partir d'un examen minutieux de l'évolution du droit international, Carl Schmitt, il y a plus de 70 ans, annonçait l'avènement de la «guerre globale». Il parlait même déjà d'«intervention humanitaire» et d'«Etats-voyous». «Nous pensons aujourd'hui à l'échelle planétaire, par grands espaces», écrivait-il. L'avenir serait-il aux grands ensembles continentaux, aux grands espaces et aux empires qui les protègent ?

Fiche technique

  • Reliure : Broché
  • Page : 289 p
  • Format : 21 x 15 cm
  • Poids : 500.00 g
  • ISBN : 978-2-916916-06-4
  • EAN13 : 9782916916064

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