Georges Bataille

Georges Bataille

Georges Bataille a une image d'écrivain maudit et pourtant son oeuvre athéologique montre le talent polymorphe de ce chartiste à l'immense culture, versé en littérature, théologie, économie, sociologie, histoire de l'art... Il a profondément influencé des personnalités aussi différentes que Foucault, Derrida ou Sollers.

Georges Bataille a grandi entre l'Auvergne où il est né en 1897 et Reims que sa famille quitte en 1914 pour se mettre à l'abri de la guerre. Bachelier en 1915, il est brièvement mobilisé en 1916, réformé pour insuffisance pulmonaire. Il se convertit au catholicisme l'année suivante et entre au séminaire. Mais il se rend vite compte que sa vocation est insuffisante et par passion pour le Moyen Age il prépare l'Ecole des chartes dont il réussit le concours d'entrée en 1919. Il en sort diplômé en 1922 après une thèse sur l'ordre de chevalerie, conte en vers du XIIIè siècle. En stage à l'institut des hautes études hispaniques de Madrid il y découvre les corridas dont la cruauté le fascine, un thème que l'on retrouvera dans son oeuvre. De retour à Paris, il entre à la Bibliothèque Nationale et fait la rencontre décisive de Michel Leiris. Il adhère en 1939 au cercle communiste démocratique de Souvarine, écrit dans sa revue La Critique Sociale et fonde lui-même la revue Critique qui traite d'art, de littérature, de philosophie. Il institue avec Leiris et Roger Caillois un collège de sociologie, s'intéresse à l'art de Picasso mais surtout, porté par la lecture de Nietzsche et de Sade s'essaie à une littérature que l'on a pu qualifier d'érotique mais qui est en fait un art de la transgression : L'abbé C, Le bleu du ciel, Histoire de l'oeil publié sous un pseudonyme. Son oeuvre majeure reste La somme athéologique, référence à La somme théologique de Saint Thomas d'Aquin, en trois volumes. Il meurt en 1962.