Jean Beaufret

Jean Beaufret

Jean Beaufret est le grand introducteur de Heidegger en France, à une époque où le soutien du philosophe aux débuts du régime nazi le faisait exclure de l'université. S'il le fait connaître en France, son travail le rend suspect d'antisémitisme, une accusation qui le blesse profondément.

Jean Beaufret est originaire de l'Allier où il a fait ses études secondaires avant son admission en khâgne au lycée Louis-le- Grand, la grande fabrique de normaliens. Il va cependant chaque fois qu'il le peut au lycée rival, Henri IV, écouter les cours de philosophie Alain. Admis à l'Ecole normale supérieure en 1928, il passe l'agrégation en 1933, après son service militaire et plusieurs mois à Berlin au moment de la mise en place du régime nazi. Il commence une thèse qu'il ne finira pas en raison de sa brouille avec son directeur Jean Wahl et de la guerre qui survient au moment où il change pour Jean Guitton. Capturé en 1939, il parvient à s'évader l'année suivante et devient professeur dans un lycée de la zone sud, à Grenoble. L'assassinat du philosophe juif Victor Basch par la milice le pousse à s'engager dans la Résistance. Joseph Rovan qui milite dans le même réseau lui fait découvrir Etre et Temps de Heidegger. Déjà passionné de philosophie allemande, il va faire connaître Heidegger en France. Il fait sa connaissance au cours du procès de dénazification dont le verdict bannira Heidegger de l'enseignement pendant cinq ans. Beaufret publie ses premiers articles dès cette période, parallèlement à son enseignement à Normale sup puis en classes préparatoires à Henri IV et à Condorcet. Parallèlement à son travail sur Heidegger, qui le rendra suspect dans certains milieux, Dialogue avec Heidegger, en quatre volumes, De l'existentialisme à Heidegger, il s'intéresse à Parménide dont il traduit le Poème.