Henri Bergson

Henri Bergson

Henri Bergson, prix Nobel de littérature en 1927, a exercé une énorme influence par ses travaux sur la mémoire, la morale ou la conscience. Il renonça à se convertir officiellement au catholicisme par solidarité avec les juifs persécutés mais demanda qu'un prêtre célèbre ses obsèques.

Henri Bergson est né à Paris en 1859 mais, anglais par sa mère, passe ses premières années à Londres. Il entre à l'Ecole Normale supérieure la même année que Durckheim et Jaurès et passe l'agrégation de philosophie après une licence de lettres classiques. Il enseigne en province et publie une étude sur Lucrèce, une thèse sur Aristote en latin et sa thèse intitulée Les données immédiate de la conscience, son premier ouvrage important. Il est alors nommé à Henri IV où il comptera Alfred Jarry parmi ses élèves. Son deuxième ouvrage majeur, Matière et Mémoire paraît en 1898. Il est professeur à Normale Sup la même année et prend en 1900 la chaire de philosophie grecque, puis celle de philosophie moderne du Collège de France. L'évolution créatrice paraît en 1907, traduite en anglais par William James qui introduit la pensée de Bergson aux Etats-Unis. Il voyage beaucoup jusqu'à la première guerre mondiale et son oeuvre, traduite en de nombreuses langues, influence certains cercles catholiques progressistes si bien que l'Eglise met ses ouvrages à l'index en 1914. Bergson est élu à l'Académie Française en 1916. Sa pensée pacifiste influence la rédaction des statuts de la SDN en 1919. Le prix Nobel lui est attribué en 1927 mais à demi-paralysé, il ne peut se rendre à Stockholm. Son dernier ouvrage d'envergure Les deux sources de la morale et de la religion paraît en 1932. Il souhaite à cette époque se convertir au catholicisme mais y renonce devant la montée de l'antisémitisme. En 40, exempté du statut de juif par sa notoriété, il tient à se faire enregistrer tout de même, par solidarité avec les persécutés et se rend au commissariat en fauteuil roulant. Il meurt l'année suivante après avoir demandé des obsèques catholiques qui lui sont accordées

La Procure aime particulièrement :

Les deux sources de la morale et de la religion

PUF ,

L'avis de La Procure

Bergson publie à soixante-dix ans son dernier livre majeur à l’influence ininterrompue jusqu’à nous. On a peut-être un peu oublié aujourd’hui le succès public de Bergson à cette époque (très grande affluence au Collège de France, prix Nobel de littérature). La clarté de son propos, la limpidité de sa langue, la fluidité de sa pensée font merveille, ce qui permet aux grincheux de le traiter de mondain, voire d’incapable de manier la langue technique de la philosophie. Or la question n’est pas là. Voilà un philosophe reconnu qui ne veut pas laisser de côté le fait de la guerre, qui se permet de ne pas exclure de la pensée philosophique l’apport des prophètes d’Israël et l’enseignement des mystiques. Il en fait même une expérience humaine décisive dans sa forme complète de la nuit obscure. Les scientistes et les esprits étroits s’étranglent… Les analyses lumineuses qu’il fait de la morale close et de la morale ouverte, de la religion statique et de la religion dynamique, du rapport entre mécanique et mystique ont conduit Bergson à indiquer dans son testament: « ma pensée m’a toujours rapproché du catholicisme dans lequel je voyais le parfait complément du judaïsme ». Il ne réalise pas la conversion qu’il souhaite pour ne pas abandonner les persécutés (il meurt en 1941). Comment ne pas défendre dans nos librairies des itinéraires de pensée qui sont de tels chemins spirituels ?
JFR

Henri Bergson : OEUVRES

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