Jacques Chardonne

Jacques Chardonne

Jacques Chardonne est resté toute sa vie charentais dans l'âme, un natif de Barbezieux, même s'il a emprunté son pseudonyme à une bourgade des Alpes Suisses et a vécu sa vie d'écrivain à Paris. On redécouvre son oeuvre un peu négligée en raison de son attitude ambiguë pendant la guerre et la beauté de sa langue.

Jacques Chardonne est né Jacques Boutelleau à Barbezieux, entre Angoulême et Bordeaux, en 1884. Son père, négociant en cognac, est un poète amateur, ami de Coppée et de Pierre Loti. Sa mère appartient à la dynastie porcelainière de Limoges, les Haviland. Après des études de lettres, il devient secrétaire de l'éditeur Stock dont il rachète et codirige la maison à partir de 1920. Il y publie sous le pseudonyme de Jacques Chardonne, en souvenir d'un séjour dans ce village suisse, ses premiers romans, L'épithalame en 1921,qui manque le prix Goncourt d'une voix, le chant du bienheureux, les Varais, Eva, Claire, L'amour du prochain, Les destinées sentimentales, Le bonheur de Barbezieux, un livre par an jusqu'à la guerre, en écrivain établi et reconnu. Il se satisfait de l'Occupation, n'hésite pas à faire le voyage en Allemagne avec les autres écrivains collaborateurs, devient l'ami de Gerhard Heller, juge Pétain "sublime". Son fils s'engage, lui, dans la Résistance, est arrêté et déporté à Oranienburg mais son père parvient grâce à ses amitiés allemandes, à le faire libérer. Il est emprisonné en 45, ses oeuvres interdites, mais les témoignages de son fils et de Jean Paulhan lui valent un non-lieu en 1946. Il s'abstient désormais de prises de positions politiques, se remet à l'écriture, avec moins de fécondité toutefois et parraine la génération de jeunes écrivains de droite, les Hussards, Nimier, Déon, Blondin. Il meurt en 1968. Sa réhabilitation comme écrivain talentueux vient de son compatriote, François Mitterrand qui avoue son admiration pour lui à Apostrophes. Son importante correspondance, notamment avec Paul Morand, est en cours de publication.