Marcel Dupré

Marcel Dupré

Marcel Dupré est peut-être l'organiste français qui a exercé la plus forte influence sur les générations à venir, par son talent d'instrumentiste et son remarquable don pour l'improvisation, mais également par son enseignement, car il a formé, en près de 30 ans d'enseignement au Conservatoire de Paris, plusieurs générations d'organistes.

Né en 1886 dans une famille de musiciens, son père est organiste de la cathédrale de Rouen, sa mère violoncelliste, son grand-père chanteur. Marcel Dupré joue en public pour la première fois à 8 ans et devient à 11 ans titulaire de l'orgue de l'église Saint Vivien de Rouen. Il étudie avec Alexandre Guilmant et entre au conservatoire de Paris en classes de piano, d'orgue et d'écriture et obtient le Grand Prix de Rome en 1914, mais la guerre le prive du séjour à la Villa Médicis. A cette date, il est depuis 1906 suppléant de Charles-Marie Widor au grand orgue de Saint Sulpice. En 1920, il joue l'intégrale de l'oeuvre d'orgue de Bach en huit concerts au conservatoire, et recommence l'année suivante au grand-orgue du Trocadéro. Il fait ensuite plusieurs tournées triomphales aux Etats-Unis. Il succède à Eugène Gigout à la classe d'orgue du conservatoire de Paris en 1926 et y enseignera jusqu'en 1954. Ici, à sa tribune de Saint Sulpice dont il devient titulaire en 1934 et dans sa maison de Meudon où il a fait construire un orgue, il formera plusieurs générations d'organistes : Suzanne Chaisemartin, Rolande Falcinelli, Jehan et Marie Claire Alain, André Fleury, Marie-Madeleine Duruflé, Marie Louise Girod, Jean Langlais, Pierre Cochereau, Gaston Litaize, Michel Chapuis...la fine fleur de l'école d'orgue française. Cet enseignement est complété par la rédaction d'ouvrages didactiques qui font toujours autorité aujourd'hui. Il compose également, essentiellement de la musique religieuse, motets et oratorios. Hélas personne n'a songé à enregistrer ses improvisations du dimanche, probablement son plus grand talent. Il meurt à Paris en 1971.