Jean-Pierre Faye

Jean-Pierre Faye

Jean-Pierre Faye, fondateur avec Félix Guattari et Jacques Derrida et quelques autres du Collège international de philosophie, poète et romancier autant que philosophe spécialiste de la pensée allemande, s'est attaché à l'analyse du langage propre au totalitarisme.

Jean-Pierre Faye appartient à la génération dont la guerre a bouleversé la jeunesse. Sa famille quitte Paris pour Hendaye lors de l'exode et il découvre à la fois le malheur des républicains espagnols réfugiés et bientôt internés et les images de l'invasion de la Pologne qui lui inspirent ses premiers poèmes. Il étudie droit, sciences économiques et philosophie, passe son diplôme d'études supérieures sous la direction de Gaston Bachelard puis l'agrégation en 1950. Nommé professeur à Reims, il part à l'université de Chicago l'année suivante et y reste quatre ans, avant de revenir en France, professeur à Lille puis à la Sorbonne. Il quitte l'université pour le CNRS en 1960 et y devient directeur de recherche en 1983. Passionné par les questions de langage, disciple de Saussure, il quitte le comité directeur de la revue de Philippe Sollers, Tel Quel, qui se définit par sa rupture avec Sartre, mais qu'il juge trop structuraliste, pour fonder la revue Change avec Jacques Roubaud. Son oeuvre est très variée. Outre une douzaine de recueils de poésie, des traductions, Hölderlin ou l'écrivain tchèque prix Nobel de littérature 1984 Jaroslav Seifert, il a écrit plusieurs romans dont L'écluse, prix Renaudot 1964. C'est cependant dans le domaine de l'essai qu'il est le plus fécond. Il a étudié à travers leur langage les mécanismes de l'arrivée au pouvoir de Mussolini et Hitler, Introduction aux langages totalitaires, Langages totalitaires, La déraison antisémite et son langage. Il a aussi combattu le totalitarisme de gauche aux côtés des écrivains tchèques au moment de l'invasion par les chars soviétiques en 1968 et été brièvement arrêté lors du procès de Vaclav Havel, Prague, la révolution des conseils ouvriers.