Jean-François Lyotard

Jean-François Lyotard

Jean-François Lyotard est un philosophe dont l'activité s'est partagée entre enseignement, participation à diverses revues, écriture et militantisme politique engagé dans les mouvements trotzkistes.

Jean François Lyotard arrive à l'âge d'homme au lendemain de la guerre, dans une époque dominée par la guerre froide et la décolonisation. Il réussit l'agrégation de philosophie en 1950 et est nommé au lycée de Constantine pour deux ans : il découvre les tensions coloniales peu de temps avant le début de la guerre d'indépendance. Il enseigne ensuite en métropole, en particulier au Prytanée militaire de la Flèche. Il milite à cette époque au sein du groupe trotzkiste Socialisme et Barbarie fondé par Cornélius Castoriadis et Claude Lefort, mais le quitte en 1959 pour fonder Pouvoir ouvrier. Pendant la guerre d'Algérie, il épouse avec vigueur la cause de l'indépendance. Il passe du lycée à l'université en 1959, à la Sorbonne, puis à Nanterre où il participe au mouvement du 22 mars qui préfigure le mouvement de Mai 68. Il soutient sa thèse, Discours, Figures, en 1971 et est aussitôt nommé à Paris VIII où il enseigne jusqu'à sa retraite en 1987. Il commence alors une carrière américaine, est professeur invité en Californie, à Montréal et à Sao Paulo. Il a également pris la succession de Jacques Derrida à la tête du Collège international de philosophie. Toute sa carrière, il a collaboré à différentes revues, des Temps Modernes de Sartre à Esprit. Il a aussi écrit de nombreux livres, purement philosophiques, tels La phénoménologie, Heidegger et les juifs, ou Misère de la philosophie, ou plus militants, La condition post-moderne ou Economie libidinale. Dans Les transformateurs Lyotard, sa fille, la philosophe Corinne Enaudeau et Frédéric Worms ont rassemblé derniers écrits et articles pour expliciter l'apport de Lyotard dix ans après sa disparition.