Joseph Malègue

Joseph Malègue

Joseph Malègue, dont les études et la carrière ont été lourdement obérées par sa santé, a vécu douloureusement la perte d'influence de l'Eglise au début du XXè siècle, qu'il a analysées dans essais et nouvelles, et deux romans, Pierres Noires et Augustin ou le Maitre est là, dont la lecture a marqué le pape François.

Joseph Malègue a perdu très tôt sa confiance en lui, en raison d'une santé fragile qui l'a fait échouer aux concours auxquels ses qualités intellectuelles pouvaient prétendre. Il n'a pu ni entrer à l'Ecole normale supérieure ni réussir l'agrégation de droit, malgré plusieurs tentatives. Elevé dans une famille profondément croyante, il souffre également de la crise du catholicisme, causée par l'avènement de la IIIè République, la loi anti congrégation de Jules Ferry, celle de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1907 et surtout la critique moderniste de 1907 qui remet en cause la divinité du Christ. Sa femme, première praticienne hospitalière française, épousée sur le tard, va lui redonner cette confiance perdue et lui permettre de terminer le long manuscrit du roman Augustin où le Maitre est là dans lequel il analyse les raisons de cette crise moderniste et du déclin de l'influence catholique. Le livre paraît en 1933, au terme de douze années de labeur et Malègue est aussitôt considéré comme un grand écrivain. Le pape François lui-même dit avoir été marqué par sa lecture. Pierres noires : les classes moyennes du salut qui devait être le deuxième volume d'une trilogie reste inachevé : Malègue qui meurt en 1940 a également laissé essais et nouvelles.

La Procure aime particulièrement :

Augustin ou Le maître est là

Cerf ,

L'avis de La Procure

Plusieurs fois, le pape François a déclaré que ce livre avait été une lecture marquante dans son itinéraire personnel et qu’il était toujours pour lui un livre de chevet. Ce grand roman, publié en 1933, connut aussitôt un immense succès et il n’a pas cessé depuis de se transmettre entre lecteurs fervents et admiratifs. Si le livre est aussi touchant, c’est qu’il recrée pour chacun le temps de la jeunesse avec ses grands désirs, son énergie, son désarroi aussi. Le héros du livre, Augustin, devient le frère du lecteur. C’est l’histoire d’une intelligence, l’histoire d’une âme, celle d’un jeune homme très doué, à la foi assurée, qui réussit brillamment des études qui l’enthousiasment et qui, à Normale Sup, entre dans une crise profonde. Il est bouleversé face à l’incroyance ambiante et plus encore face au trouble qui saisit à cette époque l’intelligence catholique dans « la crise moderniste ». L’irruption des méthodes historiques critiques dans la Bible et le dogme le désarçonne alors comme beaucoup. Les phases de son combat intellectuel et spirituel sont décrites avec une acuité et une finesse exceptionnelles, jusqu’à la lumière. Comme Augustin, le lecteur perçoit alors la Présence, avec de plus en plus d’intensité : « Le Maître est là… et il t’appelle ».
JFR

Joseph Malègue : OEUVRES