Stefan Zweig

Stefan Zweig

Stefan Zweig est la parfaite incarnation de l'artiste d'origine juive qui dominait la vie culturelle et intellectuelle viennoise au début du XXème siècle. Témoin deux fois de l'écroulement du Monde d'hier et contraint à l'exil par l'Anschluss, il ne supporta pas cet apparent triomphe de la barbarie et se suicida au Brésil en 1942.

Stefan Zweig est né à Vienne en 1881 dans une famille juive laïque non pratiquante de la bourgeoisie aisée. Après son bac, il étudie la philosohie et la littérature à l'université de Vienne et participe au mouvement Jeune Vienne. Il commence également à écrire, poèmes, essais, articles, tout en voyageant beaucoup jusqu'en 1914 où il est mobilisé dans la propagande et envoyé en Pologne où il est déchiré par ce qu'il découvre des ravages de la guerre et de la misère des Juifs enfermés dans leurs ghettos. Au lendemain de la guerre, il s'installe à Salzbourg dans une belle maison sur le Kapuzinerberg. C'est la période la plus créatrice et la plus heureuse de sa vie : il écrit livre sur livre, ses grands romans, ses biographies, participe à la création du festival de Salzbourg, reçoit écrivains et musiciens ; il parcourt l'Europe également pour prêcher le pacifisme. Mais la montée du nazisme l'inquiète ; le compositeur Richard Strauss pour qui il a écrit le livret de l'opéra la femme silencieuse est sommé de retirer le nom de son librettiste de l'affiche et refuse : l'oeuvre est interdite. Le poison gagne l'Autriche et une perquisition chez lui le décide à l'exil en 1934. Il se réfugie en Angleterre où il devient apatride et menacé d'internement à l'Anschluss , annexion de l'Autriche par Hitler, en 1938. Il décide de quitter l'Europe avec sa nouvelle femme et part s'installer au Brésil qu'il avait découvert lors d'un voyage quelques années auparavant. Dépressif, ne voyant pas l'issue de la guerre et le triomphe de la civilisation sur la barbarie, il se suicide en 1942.

La Procure aime particulièrement :

Le monde d'hier

Gallimard ,

L'avis de La Procure

En tant que « Autrichien, écrivain, humaniste, pacifi ste » et apatride par antisémitisme d’état, Stefan Zweig (1881-1942) fut le témoin privilégié des séismes du XXe siècle. Avec ces souvenirs de jeunesse, merveilleusement vivants et incarnés, il devient le mémorialiste d’une génération brillante ; le chroniqueur plein d’acuité et l’acteur talentueux, aux côtés de ses amis Freud et Rilke, de cette intelligentsia viennoise, cosmopolite et progressiste, bientôt vouée à disparaître. Sa fresque socio-politique s’achève tragiquement sur son errance à travers l’Europe, avec un point final symboliquement apposé en septembre 1939 : un point de non-retour avant l’exil américain. Mais dès 1942, la publication posthume de son livre-testament connaît un tel retentissement mondial qu’il est d’emblée considéré comme un témoignage capital contre le nazisme. Son oeuvre à succès de nouvelliste et biographe est relue et commentée : Zweig est devenu un classique tout en restant un auteur populaire qui touche toutes les générations, d’une modernité brûlante alors que son idéal d’une Europe unie et sans frontières est à nouveau
menacé.
AR

Stefan Zweig : OEUVRES

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